Le secteur du microcrédit attend son plan de relance. Selon Ahmed Ghazali, président de la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), les Institutions de microfinance (IMF) ont été lourdement impactées par la crise du Covid-19. Elles font face à un choc financier majeur qui a mis en péril leur pérennité. « Malheureusement, à l’heure actuelle, le secteur manque de visibilité sur l’opérationnalisation des mesures proposées par la FNAM et déclinées au niveau des différentes lettres adressées au ministère des Finances », regrette Ahmed Ghazali, dans une interview accordée à la MAP. Selon lui, la mise en place d’un mécanisme de compensation des impacts financiers du Covid-19 sur les activités des IMF passe par la prise en charge partielle des intérêts intercalaires sur report des échéances des crédits au montant de 350 millions de dirhams et par une adaptation du dispositif du chômage partiel à travers la prise en charge d’une indemnité de 2.000 dirhams pour le personnel du réseau des agences (6.950 personnes) pour les mois d’avril, mai et juin 2020.
Pour Ahmed Ghazali, qui est également président d’Al Amana Microfinance, cette crise a révélé à la fois l’importance du secteur mais aussi, sa vulnérabilité compte tenu de la spécificité de ses clients. Ces derniers ont bénéficié d’un report massif (Plus de 665.000 dossiers de micro crédit représentant un encours de 6,2 milliards de dirhams (MMDH) soit 86% de l’encours global du secteur), des remboursements des microcrédits sur simple demande formulée pour une durée moyenne de 3 mois sans intérêts et sans frais, induisant un impact négatif sur le produit net de Microcrédit (350 millions de dirhams de manque à gagner). L’objectif étant d’aider les clients en difficulté afin que les revenus et les emplois ne soient pas affectés de manière disproportionnée et éviter les cessations d’activité.
« Il n’est pas sans intérêt de rappeler, que notre secteur permet à presque un million de micro-entreprises (exclues du système financier classique) d’accéder à des services financiers de qualité à travers une très grande capillarité de notre réseau avec plus de 1.700 agences fixes (dont 40% dans le rural) et 150 agences mobiles dédiées exclusivement au rural et au rural enclavé. Ce million d’AGR (activités génératrices de revenus) fait vivre quelque 4 millions de Marocains et fait travailler des centaines de milliers d’employés. Le secteur est considéré comme un des premiers employeurs du Maroc avec plus de 8.500 employés dont 50% sont des femmes », a indiqué Ahmed Ghazali
Et d’ajouter que le secteur fonde beaucoup d’espoir sur le projet de loi en cours de finalisation. Il est primordial de mettre en place un environnement institutionnel, concurrentiel et réglementaire, compétitif permettant aux différents acteurs du secteur d’améliorer leurs performances et de contribuer efficacement à la réalisation des objectifs de la stratégie du secteur. Cela passe par la promotion de l’accès au financement pour les ménages à faible revenu et les micros et petites entreprises à travers la promotion d’un secteur de la microfinance durable et inclusive.
























