Malgré la pandémie de COVID-19, les transferts d’argent des migrants vers le Maroc sont restés solides en 2020. Ils ont grimpé de 6,5 % pour atteindre 7,4 milliards de dollars, selon le dernier rapport sur la migration et le développement publié par la Banque Mondiale. Le Royaume devient ainsi le deuxième pays récipiendaire de ces flux dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Le Maroc a déclassé le Liban, positionné troisième avec 6,2 milliards de dollars reçus l’année dernière. Globalement, les transferts d’argent vers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont augmenté de 2,3 % en 2020, à environ 56 milliards de dollars — une évolution à imputer essentiellement à la solidité des transferts vers l’Égypte où ils ont bondi de 11 % pour atteindre un niveau record de pratiquement 30 milliards de dollars. l’Égypte reste le premier destinataire dans la région arabe. La Jordanie conserve également sa quatrième place (3,9 milliards de dollars) devant la Palestine (2,7 milliards), la Tunisie (2,1 milliards), l’Algérie (1,7 milliard) et l’Irak (0,7 milliard).
À l’échelle africaine, l’Égypte devance le Nigeria qui devient deuxième pays destinataire des fonds des migrants avec 17,2 milliards de dollars. Avec le Maroc, ces deux pays constituent le Top 3 africain. Ils sont suivis de loin par le Ghana (3,6 milliards de dollars), le Kenya (3,1 milliards) et le Sénégal (2,6 milliards).
Pour 2021, les remises migratoires vers la région MENA devraient progresser de 2,6 %, à la faveur d’une reprise modeste dans la zone euro et sur fond de ralentissement des envois en provenance des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Concernant le coûts des transferts, le tarif moyen pour l’envoi de 200 dollars vers la région MENA a légèrement baissé au quatrième trimestre de 2020, à 6,6 %.
La résilience des transferts vers les pays en développement est remarquable
Selon la dernière édition de la note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement, les envois de fonds officiellement enregistrés vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 540 milliards de dollars en 2020, soit à peine 1,6 % de moins qu’en 2019, quand ils étaient ressortis à 548 milliards de dollars.
Ce repli est moins net que lors de la crise financière de 2009, où la baisse des remises migratoires avait atteint 4,8 %. Par ailleurs, le fléchissement est nettement moins brutal que pour les investissements directs étrangers (IDE) vers les pays à revenu faible et intermédiaire qui, compte non tenu de la Chine, ont chuté de plus de 30 % en 2020. Par conséquent, les remises migratoires vers ces pays ont dépassé l’année dernière le total des flux d’IDE (259 milliards de dollars) et d’aide publique au développement (179 milliards).
Cette constance des envois de fonds des migrants peut en grande partie s’expliquer par les mesures de soutien budgétaire dans les pays d’accueil, qui ont contribué à une conjoncture économique plus favorable qu’attendu, la généralisation des transactions par voie numérique plutôt qu’en liquide et le recours accru aux canaux formels, ainsi que par les fluctuations cycliques des prix du pétrole et des taux de change. Le volume réel des transferts, formels et informels, est probablement supérieur aux données officielles, même si l’impact de la pandémie de COVID-19 sur les flux informels est difficile à apprécier.
« Alors que la COVID-19 exerce toujours un effet dévastateur sur les familles du monde entier, les remises migratoires confirment leur rôle de planche de salut pour les populations pauvres et vulnérables, souligne Michal Rutkowski, directeur mondial du pôle Protection sociale et emploi de la Banque mondiale. Les mesures d’accompagnement et les systèmes nationaux de protection sociale doivent continuer de favoriser l’inclusion de toutes les communautés, y compris les migrants. »
Les remises migratoires en faveur de l’Amérique latine et des Caraïbes ont progressé de 6,5 %, contre 5,2 % pour l’Asie du Sud et 2,3 % pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Mais la situation inverse est observée dans les régions Asie de l’Est-Pacifique (-7,9 %), Europe-Asie centrale (-9,7 %) et en Afrique subsaharienne (-12,5 %). L’effondrement des flux vers l’Afrique subsaharienne est pratiquement entièrement dû au plongeon de près de 28 % des envois destinés au Nigéria. Compte non tenu de ce pays, les remises migratoires vers l’Afrique subsaharienne ont démontré leur résilience, avec une hausse de 2,3 %.
Dans la lignée du rebond attendu de la croissance mondiale en 2021 et 2022, les remises migratoires vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient augmenter de 2,6 % en 2021, à 553 milliards de dollars, puis de 2,2 % en 2022, à 565 milliards.




























