Un nouveau rapport de la direction insight de CDG Capital considère que les obligations indexées sur l’inflation constituent une opportunité pour le marché financier marocain.

Une obligation indexée sur l’inflation est un emprunt de la part d’un émetteur pour une certaine maturité, où celui-ci s’engage à repayer le montant emprunté à maturité, multiplié par un coefficient d’indexation à l’inflation entre la date d’émission et la date de maturité du prêt. L’emprunteur paie aussi des coupons à une fréquence définie correspondant à un coupon réel multiplié par le coefficient d’indexation à l’inflation de référence entre la date d’émission et la date de paiement du coupon.

Selon le rapport, l’économie marocaine subit une inflation importée qui pourrait durer. A fin mars 2022, le taux d’inflation est de 5,3%1, montrant une accélération menée principalement par la composante alimentaire avec une hausse historique de 9,1%. Partant de ce constat l’on pourrait s’interroger sur les outils dont disposent les épargnants et investisseurs afin de faire face à l’érosion des rendements réels due à cette inflation.

En effet,  cette inflation qui surprend le marché à la hausse représente une perte de richesse pour les
épargnants. D’ailleurs, étant donné que le taux directeur de la banque centrale marocaine reste jusqu’ici à un niveau historiquement bas, la rémunération des dépôts et des produits d’épargne de façon générale reste basse et diminue en valeur réelle. Par ailleurs, le rendement des titres d’emprunt du Trésor demeure également à des niveaux bas, bien que nous puissions entrevoir une poursuite de la hausse des taux moyen et long terme entamée depuis le début d’année, et ce suite à la situation difficile des finances publiques et des anticipations inflationnistes des opérateurs. Cette situation pourrait alors induire une certaine réticence des investisseurs à investir dans de la dette longue de l’Etat aux niveaux actuels de taux.
“Il semble alors opportun et de circonstance de voir émerger des obligations indexées sur
l’inflation émises par le Trésor public(…)dans un contexte où (i) l’inflation érode la valeur réelle de l’épargne, (ii) les craintes d’une inflation prolongée s’agrandissent chez les investisseurs et (iii) le Trésor fait face à un risque de hausse de la courbe d’emprunt moyen à long terme”, est-il souligné dans le rapport.

“Nous pensons donc que les circonstances actuelles constituent une opportunité potentielle  pour le Trésor afin de mettre en place un instrument de dette indexée sur l’inflation. Le contexte est en effet propice pour générer une forte demande de la part des investisseurs et des épargnants. Ce faisant, le marché financier marocain aurait acquis un nouvel instrument contribuant davantage au développement de son efficience et sa profondeur”, préconise le rapport.

A noter aussi que les taux de rémunération des dépôts bancaires ont enregistré un recul important sur la période 2016- 2019, qui a été amplifié par la baisse du taux directeur de 75 Pbs enregistré en 2020. Ceci a induit le passage des taux créditeurs réels en territoire négatif en 2022 suite à une remontée des pressions inflationnistes. De plus, ayant connu une hausse importante de la monnaie fiduciaire, le Maroc pourrait bénéficier d’une initiative qui encouragerait l’épargne dans un contexte ou la monnaie fiduciaire se dévalue plus rapidement. Ainsi une émission de telle obligation pourrait être attractive pour les OPCVM obligataires.

En guise de conclusion, le rapport indique qu’une émission d’une obligation indexée sur l’inflation par le Trésor marocain marquerait une étape importante dans le développement du marché financier marocain. Elle arriverait notamment à point nommé pour combler un vide en termes d’instruments financiers avec une protection contre l’inflation qui pourrait se faire sentir de plus en plus par les investisseurs et les épargnants dans le contexte actuel.
De plus, elle constituerait un benchmark pour des émissions similaires de la part des établissements
publics et des entreprises privées, posant ainsi les prémisses pour l’émergence d’une nouvelle classe
d’actifs dans le paysage financier marocain.
Au-delà des bénéfices pour les investisseurs et pour le marché des capitaux, le Trésor bénéficierait
d’un nouvel outil de financement lui donnant un degré de liberté additionnel pour la gestion de la dette.
Les évolutions de cette nouvelle classe d’actifs seront une source d’informations précieuse pour les autorités financières pour renseigner davantage les politiques budgétaires et monétaires.

Voici le rapport complet: Rapport

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici