En complément des dépôts collectés auprès de la clientèle, les établissements bancaires participatifs se refinancent à travers des ressources provenant des maisons-mères.*

Dépôts de la clientèle

En 2021, le secteur bancaire participatif a collecté 5,2 milliards de dirhams de dépôts à vue, marquant une hausse annuelle de 38% après celle de 49% une année auparavant. Ils représentent 23,7% de ses ressources, contre 22,7% l’année précédente. Ces dépôts sont détenus par les particuliers résidents à hauteur de 73,9%, en baisse de 4,3 points par rapport à l’année précédente, au profit des personnes morales dont la part a progressé de 5 points à 22,4%. Quant aux MRE, leur part est restée quasiment stable à 3,1%.

Les dépôts d’investissement, dont la collecte a démarré en juin 2019, ont enregistré une hausse de 82% à 1,8 milliard de dirhams, augmentant leur part dans les ressources à 8,1%, contre 5,9% un an auparavant. Ces dépôts sont détenus à hauteur de 72% par les particuliers résidents, 21% par les personnes morales et près de 7% par les MRE.

Ressources collectées auprès de leurs maisons-mères

Outre les dépôts de la clientèle, les établissements participatifs se refinancent principalement par le biais de leurs fonds propres et de ressources collectées auprès de leurs maisons-mères sous la forme de contrats de Wakala bil Istithmar, de dépôts à vue intra-groupe pour les banques participatives et d’avances de liquidité exemptes d’intérêts pour les fenêtres participatives.

Rappelons que Wakala bil Istithmar est un contrat par lequel un bailleur de fonds met à la disposition du « Wakil » (gestionnaire/mandataire) des fonds en vue de les investir dans une activité conforme à la Charia. Ce contrat ne peut donner lieu à la perception d’intérêts. Ni le capital investi, ni la rémunération de l’investisseur ne peuvent être garantis. Les profits réalisés sont reversés à l’investisseur après déduction de la rémunération du Wakil en contrepartie de sa gestion. En cas de pertes, celles-ci sont supportées par l’investisseur, sauf cas de fraude ou de négligence notamment.

En 2021, les banques participatives ont recouru au refinancement auprès de leurs maisons-mères par Wakala Bil Istithmar, dont l’encours a enregistré une hausse de 28% à 4,3 milliards de dirhams, représentant le quart de leurs ressources. Elles ont également recouru aux refinancements sous forme de dépôts à vue intra-groupe. Ces dépôts ont totalisé 422 millions de dirhams, représentant 2,4% du total de leurs ressources, contre 3,5% un an plus tôt.

De même, les avances reçues par les fenêtres participatives ont augmenté de 64% à plus de 1,9 milliard de dirhams, soit 40,2% de leurs ressources, en progression de 5,2 points par rapport à 2020.

La part des marges constatées d’avance dans les autres passifs a progressé à près de 88% contre 80% en 2020, soit près de 24% du total-passif.

Les capitaux propres comptables ont, eux, baissé de 10% à 2,2 milliards de dirhams, reflétant l’effet compensé, d’une part des résultats déficitaires dégagés par cette industrie naissante et, d’autre part des augmentations de capital réalisées par les acteurs pour se conformer aux exigences réglementaires du capital minimum.

A noter que le résultat net du secteur ressort négatif à -206,8 millions de dirhams, néanmoins il s’est atténué de 41% sur un an.

A fin 2021, le Maroc compte 5 banques et 4 fenêtres participatives, dont une spécialisée dans la garantie des financements.

* Source: Rapport annuel sur la supervision bancaire au titre de l’exercice 2021 de  Bank Al-Maghrib

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