La pandémie de Covid-19 constitue une menace pour la microfinance et le secteur de l’inclusion financière. « Plus que jamais, il est essentiel de soutenir et d’accompagner les acteurs du secteur », souligne Proparco dans une nouvelle publication. Compte tenu de la nature de leurs portefeuilles et des activités de leurs clients, les institutions de microfinance (IMF) et le secteur de l’inclusion financière en général sont affectés par la crise Covid-19. Les portefeuilles des IMF, explique Proparco,  sont souvent caractérisés par une part significative du secteur informel, une prépondérance des activités de commerce/négoce, des clients fragiles qui disposent de peu de ressources pour « amortir » les effets de la crise. Ces populations généralement épargnent peu et investissent toutes leurs ressources dans leur activité économique. « Bon nombre de ces micro-entrepreneurs urbains dépendent pour leurs besoins essentiels de cette source quotidienne de revenus ; le confinement, sous ses formes diverses, peut donc concrètement signifier leur incapacité à assumer des dépenses d’alimentation, de logement, de santé, etc. », détaille la filiale de l’AFD dédiée au secteur privé.  Dans certains pays, s’ajoute également la non-distribution d’aides de l’Etat en raison des mesures de confinement lorsque ces aides ne peuvent être distribuées via l’utilisation de monnaie électronique.  Il est donc, plus que jamais,  essentiel d’appuyer les acteurs du secteur de l’inclusion financière. Pour les institutions de microfinance le défi est immense notamment protéger la solvabilité de millions d’emprunteurs. Ces institutions fournissent des services d’épargne et de crédit à 140 millions de personnes à faible revenu dans le monde. « En 2018, la valeur de leurs portefeuilles de crédit ressortait à 124 milliards de dollars », précise le portail FinDev. « Leurs clients sont à 80 % des femmes et 65 % vivent en milieu rural. Dans la plupart des pays, ils appartiennent aux couches les plus pauvres et vulnérables de la société ». Selon Proparco, la microfinance permet à ces personnes exclues du secteur bancaire traditionnel d’accéder à des services financiers adaptés à leurs besoins : micro-crédit, micro-assurance, micro-épargne, moyens de paiement… « Les micro-crédits sont destinés notamment à financer l’activité génératrice de revenus de ces micro-entrepreneurs. Or, dans le cadre de la réponse sanitaire à la crise, beaucoup de ces micro-entrepreneurs ont dû fermer temporairement leur activité ou la réduire, d’autres ont vu leur chaîne d’approvisionnement affectée, certains IMF ont dû fermer leurs agences, réduire ou modifier leur façon de travailler et le contact avec les clients. Les IMF, à l’instar de leurs clients, sont donc directement affectées par la crise », indique Proparco. Aux yeux de ses experts, les IMF ont rapidement pris des mesures pour éviter la crise de liquidité, elles auront néanmoins besoin également du soutien des bailleurs de fonds pour faire face à la hausse de la demande lors de la reprise d’activité, ce qui est déjà le cas dans certains pays. « Aujourd’hui, face aux effets dévastateurs du Covid-19, les acteurs de la microfinance se mobilisent pour préserver la survie et l’autonomisation financière de toutes ces populations exclues du système bancaire traditionnel », souligne Proparco.

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