La Banque Mondiale a approuvé ce mardi 23 juin en faveur du Maroc un financement de 500 millions de dollars. Ce prêt a pour objectif de promouvoir l’inclusion numérique et financière dans le pays en permettant aux entreprises et aux ménages d’avoir accès à des infrastructures et des services numériques plus concurrentiels. Il a aussi pour but de stimuler la croissance du secteur privé en facilitant l’accès au financement des start-up et des jeunes entrepreneurs. Ce financement appuiera ainsi les efforts déployés par le Maroc en vue d’ améliorer l’accès aux services financiers dans le cadre de la stratégie nationale pour l’inclusion financière. Il contribuera également à accélérer la mise en place sur l’ensemble du territoire marocain d’un service internet haut débit accessible, abordable et de bonne qualité.
« L’accès au financement, à travers des services financiers numériques, des possibilités de crédit, des programmes de protection sociale et des produits d’assurance, permettra aux particuliers et aux ménages de lancer ou développer une activité, d’investir dans l’éducation et la santé, de gérer les risques et d’améliorer leurs conditions générales de vie », explique dans un communiqué Djibrilla Issa, spécialiste principal du secteur financier et coresponsable du projet.
Selon la Banque Mondiale, le programme appuie globalement les efforts entrepris par le Maroc pour améliorer l’inclusion financière des petites entreprises et des populations vulnérables, à savoir les femmes, les populations rurales et les jeunes.
Sur le plan de la Micro-assurance :
De larges pans de la population marocaine n’ont toujours pas accès à des produits d’assurance. Les produits de micro-assurance conçus pour combler ces lacunes restent limités : en 2018, 1,6 % seulement de la population avaient souscrit des contrats de micro-assurance au Maroc, contre 23 % en Inde. La loi Takaful, qui fait partie des actions soutenues dans le cadre du programme, permettra aux institutions financières d’offrir de nouveaux produits d’assurance conformes à la Charia. Le programme vise à porter le nombre de contrats de micro-assurance souscrits de 450.000 en 2019 à 550.000 en 2023. Il vise à protéger les particuliers, les ménages, les entreprises et les collectivités contre les chocs économiques en diversifiant l’offre de produits de micro-assurance.
Au niveau de la Microfinance :
Selon la Banque Mondiale, le secteur marocain de la microfinance ne couvre qu’environ 2,6 % de la population du pays (contre 14,5 % dans un pays comme le Pérou par exemple). Le programme appuie des politiques visant à aider les institutions de microfinance à diversifier leurs sources de financement et leur offre de services financiers, et à pouvoir, à terme, recevoir des dépôts. Cette évolution contribuera à élargir l’accès aux services financiers des segments non bancarisés de la population — en particulier les autoentrepreneurs, les femmes, les microentreprises et les PME —, en procurant, à terme, aux populations vulnérables des outils financiers qui les aideront à gérer les chocs économiques et les encourageront à investir. « Cet aspect revêt une importance accrue dans le contexte de la pandémie de COVID-19, la microfinance étant appelée à contribuer à la résilience et au rétablissement des segments vulnérables de la population. », souligne la Banque.
En plus de promouvoir la microfinance, le programme facilitera l’accès aux devises pour les start-up. « Il s’agit d’une mesure essentielle pour les jeunes pousses marocaines innovantes qui cherchent à renforcer leur compétitivité locale et mondiale. Elle leur permettra d’importer des services numériques qui ne sont pas disponibles au Maroc afin d’améliorer leur offre de produits et de services et d’accroître ainsi leur compétitivité », ajoute Dalia Al Kadi, économiste senior et coresponsable du projet.
Ce projet aidera, en outre, à poser les jalons du programme de soutien à l’entrepreneuriat Intelaka en appuyant des réformes propices à la croissance des start-up et en créant de nouvelles catégories d’actifs pour répondre aux besoins des entreprises innovantes en fonds d’amorçage. Enfin, il soutient la participation des petites entreprises au système de passation des marchés publics, dans le but de favoriser ainsi l’inclusion et la relance économiques.
D’après la Banque Mondiale, les jeunes entreprises marocaines n’ont qu’un accès très limité aux services numériques et financiers qui les aideraient à se développer. Les formes de finance alternative telles que le crowdfunding n’en sont encore qu’à leurs balbutiements au Maroc : en 2018, les jeunes pousses marocaines n’ont réussi à mobiliser que 3 millions de dollars de cette façon, contre 348 millions pour celles du Kenya.




























