Bank Al-Maghrib se mobilise aux côtés du ministère des Finances et des autres régulateurs financiers pour l’élaboration d’une stratégie de financement de la lutte contre le changement climatique. Celle-ci devrait permettre d’évaluer le gap de financements verts et d’identifier les mesures et mécanismes à même de permettre au secteur financier national, ainsi qu’aux institutions financières étrangères, de massifier leurs contributions à la finance verte et climatique. Elle s’accompagnera de l’adoption d’une taxonomie financière verte nécessaire pour canaliser les flux financiers et prévenir le « green washing ».
C’est ce qu’a déclaré le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, lors d’une conférence sur “l’impact macro-économique du changement climatique”, co-organisée ce vendredi à Rabat par BAM et la Banque Centrale d’Espagne.

Sur le plan de la régulation bancaire, Bank Al Maghrib a édicté en 2021 une directive sur la gestion des risques financiers liés au changement climatique et à l’environnement. Pour accompagner les banques dans son déploiement, elle a mené, avec l’appui de la Banque mondiale, une évaluation de l’exposition du secteur bancaire aux risques climatiques physiques et de transition ainsi qu’une analyse de scénarios de chocs climatiques.
“Bank Al-Maghrib travaille actuellement sur de nouvelles directives réglementaires pour fournir aux banques des orientations sur les données à collecter et les indicateurs et métriques à mettre en place pour mesurer les risques climatiques émanant des grands emprunteurs et évaluer la part verte et durable de leurs portefeuilles” a souligné Jouahri. Ces nouvelles directives visent également la transposition des normes internationales de transparence en matière de durabilité pour renforcer la discipline de marché au sein du secteur bancaire.
Sur le plan de la gestion de ses réserves de change, Bank Al-Maghrib intègre le principe de durabilité dans sa directive d’investissement et ce, en favorisant les placements à caractère durable et responsable. Dès 2016, à l’occasion de la COP22 à Marrakech, elle a effectué un investissement de 100 millions de dollars dans des obligations vertes émises par la Banque mondiale. Plus récemment en 2023, elle a réalisé un placement similaire d’un montant de 200 millions de dollars. “Ses investissements dans des obligations vertes, sociales et durables représentent aujourd’hui 7% des réserves de change, l’objectif à terme étant d’atteindre une part de 10%.”, a indiqué le Wali de Bank Al-Maghrib.
Voici le mot de Monsieur le Wali de Bank Al-Maghrib lors de la conférence organisée en collaboration avec la Banque d’Espagne sous le thème : «Impacts macroéconomiques du changement climatique»
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