A l’occasion de la publication du dernier rapport annuel sur la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière, le ministère des Finances et Bank-Al Maghrib ont dévoilé les résultats globaux ainsi que les recommandations de l’étude agri-finance réalisée par le Groupe Banque Mondiale sous le pilotage de Bank Al-Maghrib, des Ministères des Finances et de l’Agriculture et de l’ACAPAS.

L’étude agri-finance a été réalisée dans l’objectif de soutenir les travaux de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière à travers l’analyse approfondie du niveau de développement de l’offre en matière de finance agricole au Maroc, de ses limites et ses opportunités et l’identification des pistes pour améliorer l’accès des agriculteurs, en particuliers, les petits exploitants et les TPE à des services financiers appropriés.

Même si l’étude a souligné les progrès réalisés en termes de financement agricole, des marges de progrès importantes ont été dévoilées pour une finance agricole plus accessible, innovante et inclusive et ce, en agissant sur les leviers de l’offre et de la demande. En effet, le diagnostic a relevé notamment un faible niveau d’inclusion financière notamment pour les petites exploitations, pour les exploitations informelles et pour les travailleurs agricoles, ainsi qu’une offre financière privée limitée et peu innovante adressée au monde rural.

Dans ce sens, l’étude a identifié six axes de réforme qui peuvent faire l’objet d’un dialogue public privé pour leur appropriation et leur adoption éventuellement. Ces recommandations portent principalement sur ce qui suit :

  • Renforcer la portée des actions du GCAM  (Groupe Crédit Agricole du Maroc) pour l’inclusion financière et le financement des populations agricoles et rurales, notamment à travers l’augmentation de la portée de

« Tamwil El Fellah » aux segments les moins desservies, tels que les exploitants de moins de 10 ha, la TPE ou encore les petites exploitations familiales ;

  • Créer un cadre incitatif pour le développement de l’offre de financement privée du secteur agricole et ce, en réformant et en complétant les dispositifs et programmes publics de soutien au financement agricole, tels que les mesures de garantie spécifiques, pour les rendre ouvertes à l’ensemble des acteurs du secteur financier privé, dont la microfinance ;

  • Mettre en place un cadre règlementaire et prudentiel favorisant le financement du secteur agricole par les institutions financières privées et les AMC, pour une offre diversifiée de services et produits. L’étude propose, dans ce sens, d’alléger les contraintes prudentielles sur les fonds propres et les réserves de liquidités et de permettre aux AMC d’accéder aux mêmes types d’activité que les autres institutions financières (épargne, crédit, paiements, micro-assurances) ;

  • Bâtir un écosystème favorable au déploiement et à l’adoption des services financiers numériques dans le monde rural et ce, notamment, en encourageant les acteurs publics et privés à s’engager dans la numérisation des paiements pour une adoption à grande échelle des M-Wallets par les populations rurales et agricoles. Le rapport suggère également de développer les capacités financière et numérique des populations rurales ;

  • Soutenir la solvabilisation de la demande de financement dans le secteur agricole et rural. Pour y parvenir, diverses pistes peuvent être explorer, notamment la mise en place de programmes ciblés d’éducation financière, l’accompagnement des exploitants dans la formulation de leurs projets d’investissement et le renforcement de l’encadrement agricole et de l’appui à la structuration ;

  • Améliorer la qualité, la portée et l’efficacité de la couverture d’assurance agricole à travers :

  1. Le renforcement de la connaissance des risques pour la mise en place de produits équilibrés financièrement capables d’attirer de nouveaux acteurs ;

  2. La poursuite des efforts de sensibilisation pour l’amélioration du taux de pénétration des produits d’assurance existants ;

  3. Et, le développement d’instruments de financement des risques complémentaires à l’assurance, permettant d’améliorer la soutenabilité des dispositifs publics.

Pour plus de détails sur le rapport et l’étude :

https://www.bkam.ma/Inclusion-financiere/Rapport-sur-l-inclusion-financiere/Strategie-nationale-d-inclusion-financiere-n-4-2022

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