Bank Al-Maghrib a lancé un baromètre de mesure de la capacité financière des Marocains. Il s’agit d’une étude conçue pour jeter de la lumière sur les connaissances, les capacités et les comportements des individus relativement à leurs décisions financières. Ce baromètre a été lancé, avec l’appui technique de l’AFI (Alliance pour l’inclusion financière : principale organisation mondiale en matière de politique et de réglementation d’inclusion financière) et de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Il « nous enseignera sur les écarts à réduire en termes de connaissances et de compétences financières des citoyens, et dont les résultats seront disponibles durant le 1er semestre 2023 » a souligné Abdellatif Jouahri. Le Wali de Bank Al-Maghrib, qui préside la Fondation Marocaine pour l’Education Financière, s’exprimait le 16 novembre à Rabat lors de la cérémonie de célébration des 10 ans de «Global Money Week», un événement qui mobilise les acteurs des secteurs éducatif et financier dans le but de rapprocher les enfants et les jeunes du monde de la finance.

Selon Abdellatif Jouahri, les résultats de l’enquête sur la capacité financière au Maroc, que Bank Al-Maghrib a conduite avec la Banque Mondiale en 2014, ont démontré que plusieurs lacunes en compétences financières chez les adultes trouvent leurs origines dans l’enfance et le jeune âge par manque d’apprentissage. De même, les enquêtes Findex ont confirmé les disparités en matière d’utilisation des services financiers entre les jeunes et les adultes.
« Il est donc clair que l’Éducation Financière constitue à la fois un levier important de protection de la clientèle et d’inclusion financière visant le renforcement de la résilience et du bien-être financier des citoyens. », a indiqué le patron de la Banque centrale.
Ainsi, la mise en œuvre d’une véritable stratégie d’éducation financière au Maroc s’est matérialisée, en premier, par la mise en place en 2013 de la Fondation Marocaine pour l’Education Financière (Association à but non lucratif créée à l’initiative de Bank Al-Maghrib qui la préside en la personne de son Wali). Cette instance s’est donnée pour principales missions de fédérer les efforts engagés séparément par les différents intervenants en vue de développer les aptitudes financières des citoyens, à travers des actions définies dans le cadre de plans stratégiques adaptés.
« Nous ne pouvons que nous féliciter du modèle novateur retenu au Maroc, basé sur un partenariat public-privé qui a inspiré plusieurs pays tels que ceux de la BCEAO, l’Arabie Saoudite, le Haïti, la Libye et la Tunisie. Notre expérience a suscité aussi l’intérêt d’institutions internationales comme l’OCDE à travers son Réseau International d’Éducation Financière, l’Organisation Internationale du Travail ou encore l’Alliance pour l’Inclusion Financière », a expliqué Jouahri. Selon le Wali de BAM, dès son premier plan stratégique (2014-2018), la Fondation a identifié les enfants et les jeunes comme cibles prioritaires et permanentes de ses programmes. Toutes les études s’accordent sur la nécessité de débuter cette initiation dès le plus jeune âge, afin d’ancrer les bons réflexes et les comportements sains. En effet, les décisions financières prises par les jeunes ne manqueront pas d’impacter leur vie à différentes étapes, d’autant plus que le développement rapide des services financiers et l’ampleur de plus en plus marquée de facteurs exogènes, rendent plus difficile encore la gestion des finances personnelles et professionnelles pour cette catégorie de citoyens.
« La Global Money Week, que nous célébrons aujourd’hui, est l’une des initiatives phares que la Fondation pilote, pour en faire un réel programme de sensibilisation et de développement de connaissances financières des enfants et des jeunes à travers le Royaume. », a précisé Jouahri.
Dès sa première édition, les principaux acteurs qui ont été le Ministère de l’Education Nationale, Bank Al-Maghrib, l’ACAPS, L’AMMC, le GPBM, la FMSAR et la Bourse de Casablanca se sont ensemble engagés à réussir l’organisation de cet événement. Au fil des éditions, de nouvelles parties prenantes se sont jointes à ce noyau initial, en particulier, le Ministère en charge de l’Artisanat, le Ministère en charge de l’Agriculture, l’OFPPT, des Universités et Ecoles supérieures, l’Agence Nationale de Lutte contre l’Analphabétisme, des Associations de Microfinance.
« La Global Money Week a ainsi permis de toucher au Maroc depuis 2012, près de deux millions d’enfants et de jeunes, soit en présentiel ou à distance, dont plus de 85 % sont des élèves des établissements scolaires. », a détaillé Abdellatif Jouahri.
Au-delà de cet événement, les efforts de la Fondation et des parties prenantes concernées se sont focalisés, par priorité, sur l’intégration des modules d’éducation financière dans des programmes d’éducation, de formation et d’accompagnement de cette cible.
Pour les enfants scolarisés, la Fondation a conduit avec le Ministère de l’Education Nationale des expériences pilotes qui ont fait que désormais l’éducation financière est officiellement dans les curricula de l’éducation nationale pour le primaire. Ce qui constitue un fait majeur dans notre système éducatif.
La collaboration entre la Direction des Curricula du Ministère de l’Education Nationale et la FMEF se poursuit pour l’accompagnement de cette intégration à travers la mise à disposition de contenus pédagogiques complémentaires et la mise en place d’un programme de formation des inspecteurs-référents et des enseignants en charge de cette nouvelle activité.
S’agissant des jeunes, leur priorisation s’est renforcée au niveau du 2ème plan stratégique d’éducation financière (2019-2023), conformément aux hautes orientations Royales. Cette priorisation est également prise en compte dans le plan d’action défini par la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière.
« Les résultats sont certes encourageants, mais ils demeurent insuffisants compte tenu de l’importance et de l’étendue des besoins en éducation financière pour l’ensemble des segments visés. Dans ce sens, nous avons lancé, avec l’appui technique de l’AFI et de l’OCDE, la conduite d’un baromètre de mesure de la capacité financière qui nous enseignera sur les écarts à réduire en termes de connaissances et de compétences financières des citoyens, et dont les résultats seront disponibles durant le 1er semestre 2023 », a annoncé Jouahri.



























