Le financement des entreprises marocaines est caractérisé par la dominance de l’autofinancement et un recours limité au financement externe. C’est ce qu’a déclaré Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, lors de son intervention le 15 février sur la situation de l’investissement devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants.

Selon les données de l’OMTPME (2019-2020), la part de la dette financière est de 20,2%. En comparaison internationale, cette part reste, selon les données disponibles, inférieure à celles enregistrées dans des pays comme la France (37%), l’Allemagne (36%), le Portugal  (33%), l’Espagne (30%) ou la Pologne (22%).

En revanche, la part des fonds propres s’élève à 30,2%, contre 18% en France et 14% en Allemagne. Ce constat est corroboré, d’un autre côté, par les résultats de l’enquête de la BM (2019) qui montrent que l’investissement au Maroc est financé à hauteur de 8% par des emprunts bancaires contre 12% pour les pays à revenu intermédiaire tranche inférieure et 14% pour la région MENA.

Toutefois, le crédit bancaire reste la principale source de financement externe et en constitue 96,6%, alors que le recours au marché des capitaux reste faible et largement dominé par les établissements à caractère financier et de quelques grandes entreprises.

De plus, le crédit bancaire aux entreprises représente 51% du PIB, soit un niveau supérieur à celui enregistré dans des pays comme la Pologne (44%), l’Afrique du Sud (34%), le Mexique (26%) ou l’Argentine (21%) et semblable à ceux du Brésil (53%) et de la République Tchèque (54%).

En général, les TPME considèrent que les banques (i) leur exigent beaucoup de garanties, (ii) leur appliquent des taux d’intérêt élevés et des conditions défavorables et (iii) leur octroient des financements restrictifs.

Les banques avancent le manque de transparence financière de ces entreprises, leur faible qualité de gouvernance et les craintes quant à leur capacité de remboursement pour justifier leur prudence et l’application de primes de risque relativement élevées.

Ceci est aussi le cas au Maroc comme le montrent les résultats de l’enquête du HCP en 2019 :

69% des TPME ont déclaré avoir souffert des difficultés d’accès au financement.

Parmi les TPE qui ont demandé un crédit, 28% ont vu leurs demandes rejetées en raison : (i) de l’insuffisance de garanties pour 52% des entreprises ; et (ii) du manque de confiance dans l’entreprise pour 20%.

Les freins évoqués pour l’accès au crédit bancaire sont essentiellement le taux d’intérêt élevé́, les garanties excessives et les considérations religieuses.

mais d’autres données montrent une situation meilleure et en amélioration tangible durant les dernières années

Dans les enquêtes trimestrielles de conjoncture de BAM dans l’industrie pour l’année 2021, les entreprises évoquent à près de 90% un accès au financement bancaire « normal ».

Dans l’enquête de la BM auprès des entreprises, seules 4% des entreprises marocaines citent l’accès au financement comme principal obstacle à leur développement en 2019 contre 9,8% dans l’édition de 2013. Ce facteur est ainsi passé du 4ème au 8ème rang des obstacles cités.

Les principaux obstacles évoqués par les entreprises sont la corruption, la pression et la lourdeur de la fiscalité et la concurrence déloyale des activités informelles,

Les données de la même enquête de la BM montrent que le niveau des garanties exigées par les banques a largement diminué,

Le niveau du collatéral exigé est passé, selon la même enquête de la Banque mondiale, de 165,7% du prêt en 2013 à 63,4% en 2019, soit le niveau le plus faible parmi l’ensemble des pays couverts par l’enquête durant les trois dernières années.

Le pourcentage des entreprises pour lesquelles une demande récente de crédit a été rejetée a légèrement baissé de 6,1% à 5,7%.

De même, la proportion des prêts qui requiert un collatéral est revenue de 84% à 71,8%.

L’écart entre le collatéral exigé pour les TPE et les GE est paradoxalement en faveur des TPE au Maroc, ce qui peut s’expliquer par l’effort important des autorités publiques pour soutenir le financement de cette catégorie d’entreprises, à travers notamment les programmes de garanties

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