Dans le cadre du nouveau contrat de prêt de 500 millions de dollars en faveur de l’inclusion financière et numérique, le ministre des Finances, Mohamed Benchaâboun, a adressé une lettre officielle au président de la Banque Mondiale David Malpass. Pour le ministre, ce nouveau « Financement à l’appui des politiques de développement en faveur de l’inclusion numérique et financière », approuvé pour le Maroc en juin dernier par la Banque Mondiale, « s’inscrit parfaitement dans la continuité de celui mené en 2019 » qui a bénéficié de 700 millions de dollars auprès de l’Institution de Bretton Woods. Ce premier programme conclu entre les deux parties l’année dernière a contribué notamment à la concrétisation de la stratégie nationale d’inclusion financière.
« Je rappelle à ce titre que la Stratégie nationale d’inclusion financière a été engagée en 2019 par le Gouvernement conjointement avec Bank AI-Maghrib et avec l’appui de l’ensemble des parties prenantes des secteurs public et privé. Cette Stratégie a pour objectif de faire de l’inclusion financière un catalyseur de l’inclusion économique des catégories ciblées particulièrement, les populations rurales, les TPE, les femmes et les jeunes » explique Benchaâboun au président de la Banque Mondiale. Cette Stratégie, ajoute-t-il, s’appuie sur quatre principaux leviers pour atteindre ses objectifs : (i) l’accélération du développement de modèles alternatifs de financement adaptés aux spécificités de la population cible, (ii) le renforcement du rôle des modèles “classiques” de financement dans la promotion de l’inclusion financière, (iii) le renforcement des outils permettant de mieux appréhender le risque des populations exclues et, iv) la création des conditions d’un plus grand usage des produits financiers. Le programme engagé en 2019 a également intégré une composante «digital» pour accompagner la mutation numérique entamée par le Royaume.
Quid du nouveau programme ?
Pour le ministre Benchaâboun, le présent programme vient ainsi consolider et soutenir l’élan des réformes engagées par le Gouvernement. Il s’inscrit dans une vision à moyen terme consacrée par l’adoption d’une approche programmatique avec un séquencement des réformes sur trois phases.
Le programme s’articule autour de deux piliers traitant pour le premier de l’inclusion financière, des services financiers numériques et de la résilience des ménages et des entreprises et, pour le deuxième, du numérique, des entreprises innovantes et de l’entrepreneuriat digital.
Dans la première phase, et concernant le premier pilier, le gouvernement du Royaume du Maroc ambitionne de renforcer le rôle de l’inclusion financière en tant que levier d’inclusion économique et sociale des individus et des entreprises à travers des actions qui visent à améliorer l’accès aux services financiers par les catégories identifiées comme prioritaires.
« Il s’agit essentiellement de la promotion de l’utilisation du paiement mobile grâce à la mise en place d’un cadre fiscal incitatif dont nous comptons examiner le renforcement, de l’élargissement de l’offre d’assurance inclusive à travers l’adoption du cadre réglementaire régissant l’assurance Takaful », indique le ministre. Il s’agit aussi et de l’amélioration de l’offre de financement au profit des activités génératrices de revenus et des TPE à travers la révision du cadre légal régissant les associations de microcrédit pour porter le plafond du crédit à 150.000 de DH au lieu de 50.000 auparavant.
« De même, et pour réduire les obstacles d’accès au financement notamment bancaire, il est procédé à la mise en place du registre national des suretés mobilières censé apporter une solution pratique à la problématique des garanties à laquelle souvent font face les TPME », souligne Benchaâboun.
Concernant le volet de l’entreprenariat innovant, le ministre cite particulièrement l’adoption d’un régime de change plus souple au profit des entreprises innovantes pour leur permettre de mieux s’ouvrir sur le plan international et répondre à leurs besoins en termes d’équipements technologiques de pointes.
Enfin, et pour soutenir les segments de la population les plus touchés suite à l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire en relation avec la pandémie du COVID-19, le Gouvernement a procédé à la création par décret d’un Fonds spécial pour prendre en charge les dépenses dédiées à la lutte contre cette crise. Ce Fonds, rappelle le ministre, a permis de financer une série de mesures prises par le Comité de veille économique ciblant ces populations notamment l’allocation d’indemnités aux employés et aux ménages des secteurs formel et informel.
La dynamique de réformes s’inscrira dans le cadre du plan de relance de l’économie
Les deuxième et troisième phases de ce programme prolongent les réformes énumérées ci-dessus dans une vision structurée permettant de consolider, d’approfondir et de renforcer les effets de ces mesures par rapport aux deux piliers.
« Je tiens à souligner que le Gouvernement du Royaume du Maroc est déterminé à poursuivre et accélérer les mesures en relation avec les thématiques de ce programme au-delà des seules mesures identifiées. Elles visent en particulier la modernisation du secteur financier pour offrir des solutions de financement de marché, l’accélération de l’inclusion financière et numérique, l’amélioration de l’environnement des affaires, la promotion de l’entreprenariat et le développement et l’intégration de l’économie digitale », soutient Mohamed Benchaâboun. Selon le ministre, « cette dynamique de réformes s’inscrira dans le cadre et en relation avec le plan de relance de l’économie que nous sommes en train de préparer ».




























