Le secteur du micro-crédit compte, à fin 2021, 11 associations suite au retrait d’agrément à une institution. A fin 2021, le nombre de clients ressort  à 837 mille clients, en hausse de 3,3%, dont 47% sont des femmes.
Les prêts accordés par ces associations ont totalisé un encours brut de 8,2 milliards de dirhams, en hausse de 1,8% après celle de 8,9% il y a un an, liée aux crédits additionnels octroyés dans le cadre de la crise Covid. Il en découle un encours moyen de crédits avoisinant 10.000 dirhams, contre 9.000 dirhams en 2020. Plus de 97% des crédits sont distribués par les 4 plus grandes associations. Les crédits sont essentiellement destinés à la microentreprise (78% contre 83% en 2020) suivi de l’habitat social (14,3% contre 12% en 2020). Les crédits en milieu urbain représentent 68% contre 70% l’an passé. La part des prêts individuels s’établit à 87%.

Dans le contexte de la crise Covid, les créances en souffrance portées par les associations du micro crédit ont atteint un encours de 843 millions de dirhams, en hausse de 25,3%, soit un taux de risque de 10,3%, contre 8,3% une année plus tôt. Ces créances sont couvertes par des provisions à hauteur de 48% contre 64% en 2020, en lien avec le traitement dérogatoire temporaire accordé par la Banque Centrale jusqu’à fin décembre 2022.
Les créances sur les établissements de crédit et assimilés, constituées principalement des
dépôts auprès des banques, ont reculé de 16,1% à 307 millions de dirhams, soit 3% du total￾actif.
Du côté des ressources, l’endettement bancaire des associations de micro-crédit, représentant 69% de ces ressources, s’est accru de 6,3% à 5,3 milliards de dirhams, après une hausse de 1% une année auparavant. Cet endettement est constitué à hauteur de 78% de dettes auprès des banques locales. Les fonds propres des associations de micro-crédit se sont maintenus globalement à 2,4 milliards de dirhams, formant 27% du total-passif.
La conjoncture de crise a continué d’impacter la rentabilité du secteur du micro-crédit qui a clôturé l’exercice 2021 avec une nouvelle perte cumulée de 65 millions de dirhams, après celle de 246 millions de dirhams en 2020. Six associations de micro-crédit ont été déficitaires en 2021 contre 11 l’année précédente.

A noter que la contribution des 3 premières associations de micro-crédit dans la distribution des crédits s’est établie, à fin 2021, à 95% et celle des 5 premières associations à 98%. Le réseau du secteur s’est établi à 1.687 points de vente à fin 2021.

Le réseau des associations de micro-crédit s’est ainsi inscrit en baisse de 4,7% à 1.687 points de vente en 2021, après celle de 0,2% l’année passée. Cette baisse reflète un processus de digitalisation des process de crédit et d’optimisation des coûts, dans un contexte marqué par les effets de la crise pandémique.

Voici les 11 acteurs du micro-crédit au Maroc

Pour rappel, la réforme de la loi relative à la microfinance a été adoptée en juillet 2021. Elle devrait donner une nouvelle impulsion au secteur et lui permettre de jouer pleinement son rôle en tant que vecteur majeur de l’inclusion financière des populations ciblées.
Les principaux apports de ladite loi s’articulent autour des points suivants :
• l’élargissement du champ d’activité de microfinance pour y inclure, en sus des micro￾crédits, la micro-assurance et la réception des fonds du public selon des seuils à définir par voie réglementaire ;
• l’introduction de la notion d’institution de microfinance qui couvre les associations de micro crédit désormais qualifiées d’associations de microfinance et les établissements de crédit constitués sous forme de sociétés anonymes, habilités à recevoir des fonds du public ;
• la clarification du régime de liquidation des Institutions de Micro-Finances sous forme associative.

 

Source: Rapport annuel sur la supervision bancaire 2021

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