Les fonds envoyés par les migrants sont une source cruciale de financement extérieur. Dans 57 pays, ils représentaient plus de 5 % du PIB l’an dernier et ils étaient le plus souvent destinés à des ménages à faibles revenus, selon le FMI.
Dans le contexte de la crise sanitaire en cours, ces ménages ont un besoin urgent de ce revenu. Le Maroc est l’un des pays les plus concernés. Avec plus de 7 milliards de dollars de transferts MRE reçus chaque année, Ces envois de fonds représentent plus de 6% du PIB du pays.
En avril, la Banque mondiale a estimé que les envois de fonds baisseraient, cette année, de 20 % dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Pour le Maroc, ils reculeraient d’environ 18%, soit à 5,5 milliards de dollars.
Pour le FMI, si les migrants puisent dans leur maigre bas de laine pour aider leurs familles restées au pays, ils ne pourront sans doute pas le faire très longtemps, surtout si la récession se prolonge dans les pays d’accueil. L’arrivée en fin d’année d’une deuxième vague épidémique dans les pays d’accueil pourrait constituer une nouvelle menace pour les flux d’envois de fond.
« Aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable que les pays d’origine des envois de fonds et les pays bénéficiaires prennent rapidement des mesures appropriées pour venir en aide aux travailleurs migrants. Les travailleurs étrangers jouent souvent un rôle essentiel — dans les soins de santé, l’agriculture et le secteur agroalimentaire — et risquent souvent leur vie à la tâche », indique le FMI.
Favoriser les technologies numériques
L’institution recommande notamment de favoriser les technologies numériques et les systèmes de paiement mobile afin de faciliter l’envoi et la réception de fonds et en abaisser le coût. Le coût d’envoi moyen des fonds était d’environ 7 % au premier trimestre 2020. Une diminution de ce coût aujourd’hui restituerait un montant significatif aux pauvres.
Pour le FMI, les gouvernements pourraient, en outre, modifier la réglementation pour faciliter les flux tout en réduisant au minimum les risques de détournement. Le relèvement des plafonds applicables aux transferts par voie numérique -par téléphone portable par exemple- peut être également utile. Il peut être judicieux d’instaurer des incitations fiscales pour les prestataires de services de transfert d’argent pour compenser la baisse des honoraires. L’intensification de la concurrence entre les prestataires de services d’envois de fonds peut aussi abaisser les coûts.
Les Africains paient les tarifs les plus chers
A l’échelle mondiale, le coût moyen d’un transfert de 200 dollars reste élevé, à 6,8 % – soit 13,6 dollars – au premier trimestre de 2020. Les Africains paient les tarifs les plus chers. Le tarif moyen pour l’envoi de 200 dollars vers l’Afrique subsaharienne ressort en moyenne à 8,9 % au premier trimestre 2020. Les couloirs les plus chers se situent essentiellement en Afrique australe, le tarif pouvant grimper jusqu’à 20 %. Selon la Banque Mondiale, l’Afrique subsaharienne est suive par la région de l’Asie de l’Est et Pacifique dont le tarif moyen pour l’envoi de 200 dollars vers la région se situer à 7,13 %, devant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (7 %)
Faciliter l’accès au crédit
Par ailleurs, dans les pays d’origine des travailleurs étrangers, les autorités pourraient renforcer les aides aux ménages vulnérables, surtout dans les pays où la chute des envois de fonds a été la plus marquée. Pour les migrants de retour, l’accès au crédit peut les aider à créer une entreprise lorsque le marché du travail formel offre peu de perspectives.



























