Les transferts d’argent des migrants vers le Maroc ont dépassé pour la première fois la barre symbolique de 10 milliards de dollars, pour atteindre 10,4 milliards en 2021. Un montant record selon un nouveau rapport de la Banque Mondiale. Ils ont ainsi augmenté de 40% par rapport à 2020. Le Maroc, à lui seul , représente plus de 17% des envois de fonds vers les pays en développement de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) qui ont augmenté de 7,6 % en 2021 pour atteindre 61 milliards de dollars. Le Maroc est le deuxième principal pays bénéficiaire des envois de fonds vers la région MENA en 2021, derrière l’Égypte.

Selon la Banque Mondiale, la progression des transferts d’argent vers la région MENA s’explique par la croissance économique enregistrée dans les pays d’accueil de l’Union européenne, ainsi que par les migrations de transit, qui ont contribué à une hausse des envois vers des pays d’accueil temporaire comme l’Égypte, le Maroc et la Tunisie.
En 2022, l’institution s’attend à un ralentissement de la croissance des remises migratoires vers la région, qui devrait s’établir à 6 %. Pour les pays en développement de la région MENA, les envois de fonds des migrants constituent depuis longtemps la principale source de ressources extérieures (61 % en 2021), devant l’aide publique au développement, l’investissement direct étranger (IDE) et les flux de placement et d’endettement. Le coût d’envoi de 200 dollars vers la région a diminué au quatrième trimestre 2021, à 6,4 %, contre 6,6 % un an auparavant.
Au niveau mondial, les envois de fonds officiellement enregistrés devraient atteindre 802 milliards de dollars en 2022, dont 630 milliards vers les pays à revenu faible et intermédiaire ( +4,2 %).
Cette hausse vers les pays à revenu faible et intermédiaire fait suite à une reprise presque record de 8,6 % en 2021 à 605 milliards de dollars, sur un total mondial de 773 milliards selon la dernière note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement publiée aujourd’hui.

En 2021, les remises migratoires ont considérablement augmenté en Amérique latine et Caraïbes (25,3 %), en Afrique subsaharienne (14,1 %), en Europe et Asie centrale (7,87 %), au Moyen-Orient et Afrique du Nord (7,6 %) et en Asie du Sud (6,9 %). En Asie de l’Est et Pacifique, les envois de fonds ont en revanche diminué de 3,3 %, mais si l’on exclut la Chine, la région enregistre une hausse de 2,5 %. À l’exclusion de la Chine, les remises migratoires représentent la plus grande source de financement extérieur pour les pays à revenu faible et intermédiaire depuis 2015.
Les cinq principaux pays bénéficiaires des envois de fonds en 2021 étaient l’Inde, le Mexique (qui a supplanté la Chine), la Chine, les Philippines et l’Égypte. Parmi les pays où le volume des remises migratoires en pourcentage du PIB est très élevé figurent le Liban (54 %), les Tonga (44 %), le Tadjikistan (34 %), la République kirghize (33 %) et le Samoa (32 %).





























