Sur la base des indicateurs publiés par Bank Al-Maghrib, la transmission de la dernière hausse du taux directeur, de 50 points de base, en septembre à 2%, vers les taux débiteurs et créditeurs est quasi-nulle. C’est ce qu’indique CDG Capital Insight dans une nouvelle étude portant sur ses prévisions par rapport aux décisions du dernier Conseil de Bank Al-Maghrib, au titre de l’année 2022, qui se tiendra le 20 décembre pour décider de la conduite de la politique monétaire. Selon CDG Capital Insight, les taux débiteurs et créditeurs bancaires enregistrent des variations peu significatives avec une reprise des crédits au secteur privé et une poursuite de la baisse des dépôts à terme.
En effet, le rythme d’accroissement, en glissement annuel, des crédits bancaires au secteur privé a progressé en mois d’octobre 2022 de 7,1% contre 6,6% et 6,5% enregistrés les deux mois précédents et 4,4% une année auparavant. Cette hausse demeure alimentée par les comptes débiteurs et les crédits de trésorerie et à l’habitat contre des replis, moins importants, de ceux destinés à l’équipement et à la promotion immobilière.
S’agissant des taux créditeurs bancaires, reflétant la deuxième partie du canal de transmission « taux » de la politique monétaire, ils ont enregistré des variations peu significatives en mois d’octobre avec une faible progression de 0,03% des taux associés aux dépôts à terme à 1 an à 2,41% contre une légère baisse similaire pour les dépôts à 6 mois à 2,08%, d’un mois à l’autre.
Dans ce cadre, le processus d’accentuation de la liquidité des dépôts bancaires, entamé depuis le déclenchement de la crise covid19 et la baisse du taux directeur, se poursuit avec une baisse, en glissement annuel, des dépôts à terme de -12,2% à fin octobre 2022 contre un accroissement de 8,6% des dépôts à vue et de 7,2% de la circulation fiduciaire. Toutefois, le rythme d’accroissement des placements à vue, dans les comptes sur carnets et livrets, reste quasi-stable autour de 2,5%.
Il est à rappeler que l’efficacité du canal taux, représente un facteur déterminant pour atteindre l’objectif final de stabilité des prix. En effet, la réaction des taux débiteurs et créditeurs, proportionnellement à la hausse du taux directeur, devrait ralentir les crédits et favoriser l’accroissement de l’épargne, générant ainsi, un ralentissement de la demande globale intérieure.





























